deotto

Marc Deotto

Chef d’entreprise

«Quand on est un homme de l’art du BTP, il faut travailler dans les règles de l’art» – Marc DEOTTO Directeur général SAS DEOTTO – Gallardon (28)

Fils d’entrepreneur en maçonnerie, Marc Deotto avait son avenir tout tracé dans l’entreprise de son père et menait joyeuse vie quand il a pris la mesure de l’importance de la tâche qui lui incombait pour continuer à tenir le flambeau et a décidé de mettre tout en œuvre pour y parvenir. Il s’est révélé un chef d’entreprise d’excellence qui a su garder toute sa joie de vivre.

 

  • Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai arrêté l’école en 3e. Je n’étais pas fan de l’école. Mon père avait une entreprise de maçonnerie (c’est mon grand-père qui l’a créée) et pendant mes années de collège j’adorais passer du temps avec lui à son travail. En dernière année de collège, ma prof d’art plastique m’a dit « Quand on est bon à rien on finit dans le bâtiment ! ». Un jour le pignon de sa maison s’est effondré et c’est moi qui suis venu le réparer ! Ça m’a fait plaisir de lui montrer ce que savait faire le bon à rien ! A l’époque le bâtiment avait une mauvaise image…

A 16 ans j’ai suivi une formation professionnelle au CFA de Chartres. En 4 ans j’ai eu le CAP, le BEP, le brevet pro puis j’ai commencé à travailler dans l’entreprise de mon père. Quand mon père a voulu prendre sa retraite, j’avais 27 ans. Il m’a proposé de prendre la relève pour continuer avec son associé Pierre Yves Martin qui était métreur (le plus anciens de l’entreprise). C’est à ce moment que j’ai fait l’ESJDB, en 2007. C’était un gros challenge car il fallait que je me mette au niveau mais j’étais décidé. J’ai beaucoup travaillé, j’ai tout mis en veille : la batterie (tous les soirs je joue de la musique !), les sorties avec les copains, les fêtes… Je me suis fait violence et ça a payé ! j’ai repris l’entreprise en 2012 avec l’associé de mon père qui est devenu Président. Ce n’est pas parce que je suis « le fils de » que je dois m’accorder la plus noble fonction ! Moi je suis directeur général. Nous formons un bon tandem de dirigeants.

Nous avons modernisé le matériel, l’équipement des locaux pour le personnel… Ce qui me tenait le plus à cœur quand j’étais ouvrier maçon c’était d’avoir un endroit pour les ouvriers alors je l’ai fait. Ça améliore la qualité de la vie des salariés ; ils apprécient. Nous avons bâti un grand dépôt pour gagner du temps, investi dans des engins de levage pour soulager les hommes. Toutes ces évolutions augmentent l’efficacité et la compétitivité. Depuis que j’ai repris, je n’ai eu aucune démission. Je reçois des cv toutes les semaines.    

 

  • En quoi cette formation vous a été le plus utile ?

Je connaissais très bien le travail de la maçonnerie mais en comptabilité générale c’était la noyade !! Une montagne. Au début de ma formation je dormais sur place à l’hôtel. Le prof de comptabilité logeait dans le même hôtel. Du coup j’ai profité de son aide. Le soir on reprenait le tableur, il m’expliquait que je devais savoir lire un bilan, que c’était indispensable. Je m’obligeais à rester concentré mais c’était drôlement difficile !

Le management aussi m’a permis d’améliorer la communication avec mes gars. Quand ça ne va pas, il faut parler ! Et puis les rencontres avec les autres entrepreneurs, les échanges d’expérience, leurs déboires… Tout celà était très enrichissant.

 

  • Quelle a été votre meilleure surprise au cours de cette formation ?

Le projet social, j’ai trouvé ça génial. Ce n’était pas pour faire de l’argent, c’était une mission pour améliorer la vie des gens sous handicap. Une très belle surprise : ma première épreuve d’entrepreneur aussi. J’ai participé à un chantier social pour une association de chiens guides d’aveugles. J’ai pris les choses en main : Quand on est un homme de l’art du BTP, il faut travailler dans les règles de l’art. Depuis, je m’efforce d’assumer tout ce que je décide de faire. Cette expérience m’a donné aussi plus de fermeté.

 

  • Quels conseils pour les futurs stagiaires ?

Il faut échanger avec ses collègues, les écouter quand ils ne vont pas bien. Dans chaque famille il peut y avoir des problèmes. On gagne en production quand le salarié est bien dans l’entreprise, il faut veiller au bien-être de ses collaborateurs, être attentif. Il faut rester soi-même quand on devient le patron. Le pouvoir c’est comme l’argent ça change les gens, il met des œillères. Ce métier c’est la solitude absolue ! Le patron, c’est celui qu’on démolit par derrière quand ça va mal. Moi je suis resté moi-même avec mon franc-parler et mes valeurs. Ce n’est pas facile : quand vous travailliez avant comme chef de chantier avec 5 ou 6 gars et que du jour au lendemain vous vous retrouvez tout seul face à toutes sortes problèmes, parfois ça vous fait perdre votre sourire … Ça se remarque ! Le secret c’est d’impliquer le plus possible ses collaborateurs aux processus de décision car au final on trouve toujours des solutions ! Tout finit par s’arranger.